Le mur de protection contre les inondations (1)


Par Grégoire Girard 
Publié dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 23 avril 2008.


Depuis des temps immémoriaux, les crues printanières de la Yamaska avaient inondé la partie basse de la ville de Saint-Hyacinthe causant parfois des dommages importants dans le secteur. Il fallait trouver un remède. La construction d’un mur de protection contre les débordements s’avérait une solution pratique.


En 1968, il y a donc 40 ans cette année (en 2008), la Ville de Saint-Hyacinthe et le Gouvernement du Québec ont enclenché l’élaboration d’un programme de réaménagement du quartier Christ-Roi. Ce quartier d’une superficie d’environ cinquante âcres était le plus ancien de la ville mais aussi le plus dégradé matériellement en raison, notamment, des fréquentes inondations qui endommageaient les habitations et les autres bâtiments du secteur.


Le Courrier de Saint-Hyacinthe rappelait, il y a quelques années, les grands débordements de la rivière Yamaska causés par de fortes pluies comme celles de novembre 1927, mais surtout les crues printanières avec embâcles de glace inondant toute la partie basse de la Ville au cours des années 1852, 1859, 1862, 1863, 1876, 1882, 1901, 1917, 1918, 1936, 1939, 1951. Chaque fois les eaux atteignaient la rue Saint-Antoine et même la rue des Cascades. Les glaces emportées par le courant déplaçaient de petits bâtiments et parfois même des ponts : le pont Barsalou, ou pont de La Providence, installé pour la première fois en 1854, a été emporté six fois par les glaces au cours des débâcles du printemps.


Avant de mettre en vigueur un programme d’amélioration de ce quartier, il convenait donc de trouver une solution au problème des inondations.


Les premières études du problème des inondations
Dans une lettre du 12 février 1972 adressée à monsieur Jean-René Cusson, ingénieur de la Ville de Saint-Hyacinthe, l’Office de Planification et de Développement du Québec (O.P.D.Q.), sous la signature de l’ingénieur Georges A. Tremblay, évoquait d’abord l’état de délabrement des bâtiments du quartier selon une classification élaborée par le Ministère des Richesses naturelles en liaison avec la société d’urbanisme « Urbatique» qui avait entrepris une étude de réaménagement de cette zone inondable. Un grand nombre de constructions exigeaient des restaurations majeures et certaines étaient même non récupérables.


La lettre aborde, ensuite, les statistiques recueillies dans les rapports annuels de l’ancienne Commission des Eaux courantes sur les hauteurs d’eau observées au barrage de l’usine Penman à l’occasion des débâcles printanières. À l’aide des renseignements obtenus, les ingénieurs ont pu évaluer les débits d’eaux à l’endroit du barrage et les ont inscrits sur un graphique donnant le profil des crues de récurrence de 10 ans, 50 ans, 100 ans et 1000 ans (débit extrême). Ainsi, selon le graphique, pour la crue de récurrence de 100 ans, la hauteur de l’eau en bas du barrage s’élevait à la cote 85 pieds au-dessus du niveau de la mer. L’inondation du 5 novembre 1927 atteignit cette élévation et l’eau se rendit jusqu’à l’intersection des rues Vaudreuil et Cascades.


«Un vieux rêve devenu réalité prochaine»
C’était là le titre d’un article du Courrier de Saint-Hyacinthe en date du 22 septembre 1976 pour annoncer que le programme d’amélioration du quartier (P.A.Q.) pouvait maintenant être mis en marche grâce à la construction du mur de protection. Sur les 28 âcres couverts par le programme, quelque 138 bâtiments devaient être affectés dont 56 devaient être démolis parce que non récupérables.


Les travaux, dans leur ensemble, touchaient 140 familles qui étaient assurées de la priorité au moment où des unités d’habitation à loyer modique deviendraient disponibles pour les reloger. Certaines familles préféraient se débrouiller par elles-mêmes et se chercher des logements qui leur convenaient. Les négociations entre les propriétaires et la direction du programme étaient bien engagées avec des ententes de gré à gré dans 50 pour cent des cas dès le début.


«La zone prioritaire, écrit le journaliste, fera l’objet de vastes travaux l’an prochain mais on ne veut pas forcer les gens à déménager l’hiver. Quand tous les délais auront été respectés, que la construction du mur de soutènement, qui était une condition sine qua non à la rénovation des quartiers du bas de la ville, sera terminée, les travaux à proprement parler débuteront. Ils seront répartis sur 3 ans et coûteront, selon les estimations courantes, 2 205 796 $. On va commencer par ériger des séries de HLM qui seront des habitations unifamiliales  par groupes de 2, 3, 4 ou 5 et qui offriront aux familles deux espaces de planchers ainsi qu’une cour avant et arrière». […]


Photo:
La rue des Cascades le 5 novembre 1927.
Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe

Cet article est le premier d'une série de trois.

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