Louis Côté
1882-1886

Louis Côté (1836-1915)

Maire de la ville de Saint-Hyacinthe de 1882 à 1886



Né à Saint-Dominique, en mars 1836, il décède à Saint-Hyacinthe, le 6 févier 1915. Fils de Georges Côté et de Julie Langelier. Nous savons peu de choses de la tendre enfance de Louis Côté. Mais, nous pouvons affirmer que tout jeune encore il manifesta des goûts prononcés pour l’industrie.

Désireux de satisfaire son ambition, il quitta dès sa jeunesse la terre paternelle de Saint-Dominique et se rendit à Montréal. Il sollicita et obtint du travail dans une des plus grandes manufactures de chaussures. Il y apprit à la perfection son métier, car peu de temps après il était nommé contremaître. Comme il nourrissait dans son cœur le désir de devenir à son tour un industriel, au lieu de toujours demeurer un simple ouvrier, il préleva sur son modeste salaire l’argent nécessaire pour défrayer les cours qu’il suivit à l’École normale Jacques-Cartier. Durant le jour, c’était un ouvrier exemplaire que ses patrons appréciaient pour la précision, la régularité et le soin qu’il apportait à son travail. Le soir, c’était un élève modèle, étudiant avec ardeur pour acquérir l’instruction qu’il n’avait pu obtenir à l’école primaire de son village.

Autodidacte, il demeurera un persévérant chercheur toute sa vie. Lorsque Louis Côté eut acquis les connaissances de son métier, il se rendit à Québec, à cette époque le centre principal pour l’industrie de la chaussure. Il se lia d’amitié avec un jeune homme de son âge, Guillaume Bresse, et unissant leur capital, leurs énergies et leurs ambitions, ils ouvrirent une fabrique qui deviendra plus tard la plus grande manufacture de chaussures du Canada.

Pressé par les instances de son cousin, monsieur Jean-Baptiste Bourgeois, un avocat maskoutain, il revint à Saint-Hyacinthe en 1865 et fonda, avec ses frères Victor et Georges, la Maison Côté & Côté au coin des rues Cascades et Piété. C’était une manufacture importante et pour en assurer le fonctionnement, on y installa le premier engin à vapeur à Saint-Hyacinthe (1865). Peu de temps après (1871), Louis Cité inventait la machine pour l’achèvement des semelles et la machine à contreforts. Les affaires se poursuivirent jusqu’en septembre 1876, date où la fabrique fut anéantie par la désastreuse conflagration qui s’était abattue sur la ville et qui détruisit au-delà de 600 maisons.

Louis Coté, ruiné, tente d’aller refaire carrière à Montréal mais cédant aux demandes réitérées des citoyens de Saint-Hyacinthe, il revint, fonder la Maison Louis Coté & Frère sur la rue Cascades près du pont Barsalou. En 1893, il reconstruisait sa fabrique au coin des rues Saint-Antoine et Saint-Hyacinthe. En 1893, Louis Côté & Frère vendaient leur manufacture à leurs demi-frères Joseph et Magloire Côté, auxquels se joignit plus tard Alfred Cité.

En 1903, un incendie majeur se déclara dans leur propriété et entraîna la perte d’un tiers des maisons de la ville. Cette même année, la Compagnie se réorganisa sous l’empire d’une charte provinciale au nom de J.A.&M. Côté et dès lors ne connut que des succès, Les chaussures Côté, pour hommes, femmes et enfants étaient vendues par tout le Canada, d’Halifax à Vancouver. La firme comptera jusqu’à 320 employés à son service.

En 1915, Louis Côté décédait. Il avait épousé en 1868, Louise Pigeon, fille de Charles Pigeon. Monsieur Louis Côté avait participé à la réforme scolaire, prôné l’instruction chez les ouvriers et avait ouvert une école de dessin en 1875. Il avait été le premier citoyen de Saint-Hyacinthe appelé à siéger au Conseil des Arts de la province.

Monsieur Louis Côté inspira et fut l’auteur de différentes mesures adoptées pour établir le plus moderne et attirant centre manufacturier du Québec et du Canada. En un mot, monsieur Côté, par son industrie et son exemple, donna à Saint-Hyacinthe la réputation de ville prospère. Le marché de la chaussure, jadis florissant, s’écroula après la guerre et la manufacture dut fermer ses portes. En 1900, le parc ouest fut nommé parc Côté en son honneur.

Photo : CH478 Société d’histoire régionale de Saint-Hyacinthe (Collection).