Lewis-Francis Morison 1880-1882


Photo de Lewis-Francis MorisonVoici quelques faits marquants de l’histoire maskoutaine lorsque Lewis-Francis Morison était maire de Saint-Hyacinthe au cours de la période 1880-1882.


Lewis-Francis Morison est le sixième maire de Saint-Hyacinthe.
Il est né en 1842 et est décédé en 1909.


Pour en apprendre davantage sur le personnage, nous vous suggérons ces trois textes :


Lewis-Francis Morison.
Le pont Morison, par Raoul Bergeron.
Lewis-Francis Morison était membre de l’Institut canadien de Saint-Hyacinthe. Voici un texte de l’historien Pascal Audry : Regard sur l’Institut canadien de Saint-Hyacinthe.


9 janvier 1880
Le 5 janvier 1880, Louis-Francis Morison est élu maire de Saint-Hyacinthe par acclamation.  À cette époque, il y a quatre quartiers et les candidats qui se présentent dans les quartiers, sont également élus par acclamation, car ils n’ont pas d’opposition.  (1) « Le meilleur moyen de conserver la paix entre nous, afin de ne pas exciter les haines personnelles, est de s’entendre et tâcher d’opérer l’union. Ces luttes sont toujours dangereuses et troublent la société », indique le journaliste de L’Union, un journal qui appartient à Lewis-Francis Morison et dont le premier numéro est paru le 10 octobre 1873. (2) Ce dernier deviendra officiellement le maire de Saint-Hyacinthe lors de la première réunion du nouveau conseil municipal qui se tient le 9 janvier 1880. (3)


30 janvier 1880
Alors que la ville de Saint-Hyacinthe est en plein développement et que les besoins sont grandissants, le conseil de ville adopte une mesure afin d’agrandir le marché à foin situé où se trouve le parc T.-D. Bouchard aujourd’hui. (4)


Printemps 1880 Aménagement du parc Dessaulles
Au mois de mars 1876, la Ville acquiert la propriété seigneuriale s’étendant entre les rues Girouard et Dessaulles, comprise entre la ligne est de la rue Rosalie (Hôtel-de-Ville) et la rue Sainte-Anne. Le manoir dont on voit la trace sur le sol devant le parc Dessaulles est détruit au mois d’août 1876.  « Il fallait se hâter, car en signant le contrat d’achat, la ville avait consenti une pénalité de 5 000 dollars si le parc n’est pas achevé en 1880 », rappelle Mgr Choquette dans son Histoire de la Ville de Saint-Hyacinthe. (5) Ainsi donc, au cours de l’année 1880, le maire Morison entreprend l’aménagement du parc Dessaulles. L’année suivante, en 1881, la Ville vend un certain nombre de terrains où seront construites les résidences sur la rue Du Palais. « Recherchant une qualité de vie à la hauteur de leurs moyens, industriels, notables et professionnels s’installent rapidement autour du parc, le long des nouvelles rues. Situés à l’ancien emplacement du manoir seigneurial, démoli en 1876, le parc et ses superbes maisons victoriennes servent de place centrale à la haute ville. » (6)


Consultez le texte Le Parc Dessaulles, rédigés par Raoul Bergeron.


24 juin 1880  Le chant patriotique O’Canada
C’est à cette date que l’on chante pour la première fois le O’Canada. Bien avant qu’il devienne l’hymne national du Canada, le O’Canada est avant tout créé comme chant national des Canadiens français. La musique du O’Canada est écrite par Calixa Lavallée, un ancien élève du Séminaire de Saint-Hyacinthe.


Pour en savoir plus, lisez le texte O’Canada de Raoul Bergeron.


4 juillet 1880 Inauguration de la nouvelle Cathédrale
C’est le 4 juillet 1880 que se déroule la cérémonie de bénédiction de la cathédrale de Saint-Hyacinthe. « Sa Grandeur Mgr de St. Hyacinthe, revenue la veille de sa tournée pastorale, fit les touchantes cérémonies de bénédiction, au milieu d’un grand concours de prêtres et d’une foule immense de fidèles de la ville et des paroisses environnantes. […] La population entière n’éprouvait pas moins de bonheur, elle échangeait définitivement le pauvre réduit qui avait servi de cathédrale depuis 1854 pour une construction plus en harmonie avec la majesté de Dieu et les pompes du culte catholique. » (7) Auparavant, la pro-cathédrale était située près de l’Hôtel-Dieu à l’angle des rues Sainte-Anne et Dessaulles.


La population de Saint-Hyacinthe en 1881
Besoins grandissants, agrandissements, industrialisation… Voilà autant de termes qui sont à l’ordre du jour aux débuts des années 1880. Lors du recensement de 1881, la population de Saint-Hyacinthe est de 5321 âmes. Comparativement au recensement réalisé 10 ans plus tôt, en 1871, il s’agit d’une augmentation de 29,54% de la population. (8)


Septembre 1881 L’Académie Girouard
« En 1881, les Frères du Sacré-Cœur prenaient la direction de l’Académie Girouard de St-Hyacinthe. M. l’abbé Elphège Gravel, qui devint plus tard le premier évêque de Nicolet, était alors curé de la Cathédrale. C’est lui qui, le 25 mars de cette même année, offrit aux commissaires d’écoles les services de cinq de ses religieux. L’offre fut acceptée. Les Frères débutèrent dans une école de 40 pieds de long sur 30 pieds de large, située à l’angle des rues Ste-Marguerite et Mondor. » (9)


1880-1881 Une phase d’industrialisation
La maire Lewis-Francis Morison est favorable à l’implantation de manufactures et d’usines à Saint-Hyacinthe. Au cours des années 1881, on dénombre quatre entreprises qui demandent ou se voit offrir un bonus ou un prêt par la Ville de Saint-Hyacinthe pour établir leurs installations dans Saint-Hyacinthe. (10) « Pour attirer des investisseurs, le conseil municipal se lance dans l’attribution de primes à l’implantation d’industries. L’un des cas les plus mémorables est celui de la compagnie de chaussures McCready de Montréal, qui, en 1881, se voit offrir la coquette somme de vingt-cinq mille dollars pour s’installer à Saint-Hyacinthe. Outre cette prime payable en dix ans, la ville offre à l’entreprise une exemption de taxes de même durée et la construction à ses frais d’un vaste bâtiment de quatre étages. L’offre soulève la colère des industriels maskoutains. L’influent industriel Louis Côté va jusqu’à menacer de déménager sa fabrique de chaussures s’il n’obtient pas les mêmes avantages. » (11) Rappelons que Louis Côté est un des premiers industriels à implanter une usine à Saint-Hyacinthe comme nous l’avons vu dans le texte sur le maire Magloire Turcot. Cette polémique attise l’opposition des citoyens comme le note Gilles Guertin : « Bien que McCready refuse finalement l’offre d’implantation, cette stratégie politique est à l’origine des premières rivalités publiques entre citoyens. Les partisans du maire Morison et ceux de son adversaire à la mairie Louis Côté, contribuent à polariser les débats. (12) La table est mise pour les élections à venir en janvier 1882.


Photo 
Lewis-Francis Morison. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH478.


Notes
(1) L’Union, 9 janvier 1880.
(3) Ostiguy, Martin. « Les journaux maskoutains ». Saint-Hyacinthe 1748-1998, p. 379.
(3) Index des documents déposés procès-verbaux Conseil municipal Ville de Saint-Hyacinthe 1880-1884, p. 128.
(4) Index des documents déposés procès-verbaux Conseil municipal Ville de Saint-Hyacinthe 1880-1884, p. 127.
(5) Choquette, C.-P. Histoire de la Ville de Saint-Hyacinthe, p. 28.
(6) Mongrain, Guy. « Les affaires municipales ». Saint-Hyacinthe, 1748-1998, p. 99.
(7) « Inauguration ». Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 6 juillet 1880, p. 2.
(8) Tableau concernant la population de Saint-Hyacinthe de 1831 à 1996. Saint-Hyacinthe 1748-1998, p. 30.
(9) « Une fête de famille » .Le Souvenir, organe officiel de l’Amicale des Anciens Élèves de l’Académie Girouard, Vol. 1 – No III, p. 11.
(10) Index des documents déposés procès-verbaux Conseil municipal Ville de Saint-Hyacinthe 1880-1884, pp. 124-125.
(11) Guertin, Gilles. « L’industrie ». Saint-Hyacinthe 1748-1998, p. 99.
(12) Idem, p. 100.


Ce texte est le sixième d’une longue série.


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Paul Foisy, juin 2020