Prochaine conférence - Lionel Groulx:
un des pères du Québec moderne?


Mardi le 7 novembre, le Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe reçoit l'historien Charles-Philippe Courtois qui nous entretiendra du chanoine Lionel Groulx.


Charles-Philippe Courtois, professeur agrégé en histoire au Collège militaire royal de Saint-Jean publiera bientôt une biographie intitulée Lionel Groulx; l'intellectuel le plus influent de notre histoire, aux Éditions de l'Homme.


« Je suis de ceux qui espèrent. […] J'espère avec tous les ancêtres qui ont espéré; j'espère avec tous les espérants d'aujourd'hui; j'espère par-dessus mon temps, par-dessus tous les découragés. Qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, notre État français, nous l'aurons. »


Lionel Groulx (1878-1967) est aujourd’hui un personnage mal connu, voire un personnage qu’on perçoit négativement ou du moins de manière ambivalente. Mais, avant de le juger, demandons-nous ce qui en a fait une figure aussi influente. Après tout, il est le seul historien et le seul auteur québécois qui ait reçu des funérailles nationales.


Lionel Groulx, prêtre, professeur, organisateur de mouvements de jeunesse, historien, écrivain, essayiste, conférencier, intellectuel engagé, fut aussi un penseur nationaliste parmi les plus influents du XXe siècle.


Son travail colossal a eu des répercussions profondes sur notre culture et notre évolution collective, lui valant d'être qualifié de «père spirituel du Québec moderne» au moment de son décès, par des gens aux opinions politiques divergentes, comme Claude Ryan, André Laurendeau et Jean-Marc Léger, qualificatif repris ensuite par René Lévesque. Reconnu comme l'un des maîtres à penser du nationalisme québécois, plusieurs de ses idées de réformes en faveur de l'émancipation nationale ont été adoptées durant la Révolution tranquille. Visionnaire, il affirmait dans les années 1920 que les Québécois seraient mûrs pour l'indépendance dans 50 ans, s'ils prenaient contrôle de leur économie.


Le chanoine Groulx a été impliqué dans les mouvements nationalistes les plus marquants de la première moitié du XXe siècle : ACJC, Action française, Action nationale, Société Saint-Jean-Baptiste, la « Patente », Ligue pour la Défense du Canada lors du plébiscite de 1942 sur la conscription. Il a aussi été lié à la formation des premiers partis nationalistes et progressistes modernes : Action libérale nationale et Bloc populaire canadien.
Lionel Groulx a également exercé une influence déterminante dans la professionnalisation de l’histoire au Québec : détenteur de la première chaire d’histoire du Canada à l’université, il a participé à la fondation du premier département d’histoire à l’Université de Montréal et est responsable de la fondation de l’Institut d’histoire de l’Amérique française et de sa revue.


Pour produire la première véritable biographie de Lionel Groulx, l’historien Charles-Philippe Courtois a travaillé plusieurs années à fouiller les volumineuses archives et les ouvrages laissés par Lionel Groulx, et dépeint ici un incomparable tableau de la société québécoise de 1878 à 1967.


À propos de Charles-Philippe Courtois
Spécialiste d’histoire intellectuelle du Québec, il est notamment l’auteur de La Conquête. Une anthologie (Typo, 2009). Il a co-dirigé, avec Laurent Veyssière, Le Québec dans la Grande Guerre. Engagements, refus, héritages (Septentrion, 2015) ; avec Julie Guyot, La culture des Patriotes (Septentrion, 2012) ; et, avec Robert Comeau et Denis Monière, Histoire intellectuelle de l’indépendantisme québécois (VLB, 2 tomes : 2010 et 2012).


C'est un rendez-vous, mardi le 7 novembre à 19 h 30 à la Salle Léon-Pratte du Séminaire de Saint-Hyacinthe. Gratuit pour les membres du Centre d'histoire, 5$ pour les non-membres.


Informations: webmaitre@chsth.com ou 450 774-0203.